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15 avril 2016

Edito 313 – Edward ROOSENS Chief economist de la FEB

Infrastructure :
RATTRAPAGE POUR EVITER LE DERAPAGE !

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L’infrastructure représente un facteur de production important pour les entreprises belges ainsi qu’un pilier de la compétitivité de notre pays. Pourtant, les investissements publics n’ont jamais été aussi bas. Dans les années 1960 et 1970, notre pays a investi lourdement dans l’infrastructure (4 à 5% du PIB), de sorte qu’au début des années 1980, il disposait d’un réseau de transport très étendu et dense, qui faisait notre réputation au niveau international.

Depuis, en raison de la dette publique élevée dès la fin des années 1970, notre pays fonctionne en mode économique permanent et les investissements publics dans l’infrastructure ont été les premiers touchés. Ces 25 dernières années, ils ont avoisiné les 2,5% du PIB seulement. Nous devons oser une politique plus ambitieuse en la matière, notamment pour la mobilité, tout en maintenant le budget à flot.

La fermeture de certains tunnels à Bruxelles ne représente que la pointe émergée de l’iceberg. Avec une 30e place au classement WEF pour l’infrastructure routière, la Belgique est en queue de peloton. La combinaison d’un nombre croissant de véhicules-kilomètres et d’un réseau qui n’a pas été étoffé fait de la Belgique la championne européenne des embouteillages avec 51 heures perdues par travailleur par an.

Sur la période 2010-2013 l’investissement public représentait 2,4% du PIB soit +/- 9 milliards €. De ces 9 milliards 14% vont aux hôpitaux et écoles, 42% aux services publics, 17% au logement, et 27% seulement pour l’infrastructure, soit 0 ,6% du PIB ou 2,2 milliards. Loin de la France 1,3% ou des Pays-Bas 1,5%. Dans le classement mondial en matière d’infrastructure, établi chaque année par le World Economic Forum (WEF), la Belgique se positionne à la 22e place, soit 7 places plus bas qu’il y a 10 ans.

La FEB en est consciente, les investissements en matière d’infrastructure pèsent lourd dans le budget de l’État. Dans un contexte de dette publique élevée et de crise économique, ils ont malheureusement été les premiers touchés par la politique d’assainissement. L’objectif de poursuivre l’assainissement des finances publiques doit être maintenu compte tenu du niveau élevé de l’endettement public.

Un mouvement de rattrapage au moyen d’investissements publics productifs et bien choisis, par exemple en matière de mobilité, doit être envisagé sérieusement. Les actuels taux d’intérêt très bas le permettent. De plus, nous demandons plus de souplesse quant au traitement de ces investissements dans le budget de l’État. Pourquoi, par exemple, devoir introduire la somme d’un investissement en une seule fois ? L’Europe ne peut pas plaider d’un côté pour plus d’investissements et de l’autre les rendre quasiment impossibles par l’application des règles trop rigides.

La Belgique dispose toujours d’une bonne infrastructure de base, mais le manque d’entretien et de développement au cours des dernières décennies commence à se faire sentir. Des investissements supplémentaires sont indispensables en vue de sauvegarder la compétitivité de notre pays ainsi que son attractivité pour les investisseurs étrangers.

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